Quand on vit à Grenoble, les beaux jours appellent forcément la montagne. La randonnée est l’une des activités les plus prisées par ici le week-end, et cette année-là, nous avons eu la chance d’un bel été indien qui s’est prolongé jusqu’à la fin octobre. Du coup, on s’est décidés un peu sur un coup de tête à monter aux lacs du Domènon, dans la chaîne de Belledonne.
Je connaissais déjà le début du parcours, puisque pour rejoindre les lacs du Domènon, on passe d’abord par le fameux lac du Crozet. J’y étais montée plusieurs fois, dont une fin de journée d’été où la vue d’en haut était tout simplement magnifique. Cette fois, l’idée était de pousser plus haut, jusqu’à ces deux lacs d’altitude qui se succèdent : le petit Domènon et le grand Domènon.
On aurait pu continuer encore vers la Croix de Belledonne, mais malgré la douceur des températures, la neige était déjà bien présente en altitude. Pas prudent d’y aller sans l’équipement adapté.
La randonnée des lacs du Domènon en bref
Avant de vous raconter, voici l’essentiel pour situer l’effort. Soyons clairs : ce n’est pas une petite balade. La rando est classée niveau rouge, elle s’adresse à des marcheurs confirmés, bien chaussés et habitués au dénivelé. Si vous cherchez une sortie plus tranquille, je vous donne plus bas une variante accessible en famille.
Départ : parking de Pré Raymond (1372 m), au-dessus de Revel
Point d’arrivée : lacs du Domènon (2385 m)
Dénivelé : un peu plus de 1 000 m de dénivelé positif
Distance : environ 15 km aller-retour
Durée : comptez environ 7 h de marche, soit la journée avec les pauses
Difficulté : soutenue, niveau rouge, pour randonneurs confirmés
Balisage : balises jaunes, direction lac du Crozet puis refuge de la Pra
Accès libre, pas de réservation
Comment accéder au départ de la randonnée
Pour rejoindre le parking de Pré Raymond, depuis Domène vous prenez la direction de Revel, puis Le Rousset et les Granges de Freydière. La route se transforme ensuite en route forestière jusqu’au parking.
Un mot d’avertissement : la dernière portion n’est pas goudronnée et reste assez mauvaise. Les voitures rabaissées vont souffrir, mais pas d’inquiétude, vous êtes bien sur le bon chemin. Si la piste vous rebute, ou si vous arrivez tard un week-end d’été (le parking est vite saturé), vous pouvez vous garer un peu plus bas, au niveau du lieu-dit Les Quatre Chemins.

La montée jusqu’au lac du Crozet
La rando démarre dans la forêt, par un sentier qui grimpe fort dès les premiers mètres. Des panneaux indiquent le lac du Crozet et le refuge de la Pra : il suffit de les suivre.
Très franchement, ce début me laisse perplexe à chaque fois. Ça part fort et je souffre dès le départ ! Heureusement, ça ne dure pas. Alors ne vous découragez pas, la suite vaut vraiment le coup.

À cette époque de l’année, la partie dans les bois est fraîche et on découvre un sol gelé qui n’a sûrement pas vu le soleil depuis un moment.

Puis les arbres se font plus rares et les premières belles vues sur la vallée du Grésivaudan se dévoilent. En automne, les couleurs sont superbes.

Une fois sorti de la forêt, le sentier devient plus agréable et on monte plus tranquillement.

À l’approche du lac, la végétation prend ses teintes d’automne. Je n’étais jamais venue à cette saison, et c’est ça qui est beau ici : les paysages changent complètement d’une période à l’autre, impossible de s’en lasser. Petit repère : quand vous verrez de gros tuyaux (les conduites forcées) apparaître sur le chemin, c’est que le lac n’est plus loin.
>> Les couleurs d’automne autour de Grenoble

Le lac du Crozet (1974 m) apparaît enfin, après environ 1h30 de marche. Il faisait si bon ce jour-là qu’on aurait volontiers posé le sac pour profiter du lieu, mais on avait décidé de monter plus haut.

Du lac du Crozet aux lacs du Domènon
Après une courte pause, on repart vers les lacs du Domènon. Pour cela, il faut longer le lac du Crozet et prendre l’unique chemin en face, en direction du col de la Pra.

C’est à partir de là que la neige commence vraiment. On ne savait pas jusqu’où on pourrait monter, mais on espérait bien atteindre notre but.

Cette partie, que je ne connaissais pas, n’a rien de difficile. On atteint facilement le col de la Pra (vers 2160 m), à une trentaine de minutes du lac du Crozet. De là, on peut rejoindre le refuge de la Pra, un peu plus bas, en quelques minutes : une bonne option pour une pause en terrasse.

On poursuit l’ascension en prenant un sentier sur la gauche des panneaux. J’ai d’ailleurs été surprise qu’aucun n’indique les lacs. Il reste environ 200 m de dénivelé. En se retournant, on mesure tout le chemin parcouru depuis le lac du Crozet.

Sur le chemin, on croise une cascade impressionnante qu’il faut contourner par la gauche. Les lacs sont encore au-dessus.

Il ne reste plus grand-chose, mais cette dernière portion prend un peu plus de temps : certains passages sont plus physiques et un brin vertigineux. Rien de méchant, rassurez-vous. Ce jour-là, avec un peu de neige, il fallait simplement redoubler de vigilance.

Et puis les lacs sont apparus. On découvre d’abord le petit Domènon, puis juste derrière le grand Domènon.



À 2385 m, l’air était encore bon pour la saison. On a profité de la beauté du paysage et du silence, avant de redescendre tranquillement par le même chemin, pour rentrer avant la tombée de la nuit.

La variante facile : le lac du Crozet en famille
Si la totale jusqu’au Domènon vous semble trop engagée, ou si vous randonnez avec de jeunes enfants, je vous conseille de viser uniquement le lac du Crozet. Comptez environ 1h30 de montée depuis le parking de Pré Raymond, avec la même récompense : un lac d’altitude magnifique et une superbe vue sur la vallée du Grésivaudan.
C’est un grand classique des Grenoblois, donc attendez-vous à du monde les week-ends d’été. La première partie en forêt grimpe sec, prévoyez de l’eau et de bonnes chaussures, mais l’objectif reste largement à la portée d’une famille habituée à marcher.
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Mes conseils pour préparer votre randonnée
Quand y aller : la période idéale s’étale de juin à octobre, une fois la neige fondue en altitude. En automne, les couleurs sont splendides, mais la neige peut arriver tôt sur la fin du parcours, comme lors de notre sortie. Hors saison, ne vous engagez pas vers les lacs sans équipement adapté.
Ce qu’il faut emporter : de bonnes chaussures de montagne, de l’eau en quantité (pas de point de ravitaillement), de quoi pique-niquer, une polaire et un coupe-vent même par beau temps. En arrière-saison, des bâtons de randonnée et une paire de microspikes ne sont pas du luxe pour assurer vos pas sur les passages enneigés.
Partez tôt : avec 15 km et la journée de marche, mieux vaut attaquer le matin pour profiter des lacs et redescendre avant la fin du jour.
