Road trip au Cap Nord en hiver, sous nos premières aurores

C’était notre tout premier road trip en Laponie, direction le Cap Nord : fin 2013, en plein hiver et en pleine nuit polaire. Du 26 décembre au 7 janvier, treize jours à parcourir la Laponie norvégienne, avec un crochet par la Laponie finlandaise, et un objectif qui nous tenait à cœur : monter le plus au nord possible et voir enfin de vraies aurores boréales.

Parce que tout est parti d’un hasard. En mars 2013, lors d’un court séjour en Suède, on avait aperçu une minuscule aurore, sans s’y attendre. Ça a suffi : l’envie d’en revoir, des vraies cette fois, ne nous a plus lâchés. On a donc choisi de partir en fin d’année, pour profiter des longues nuits polaires et mettre toutes les chances de notre côté.

Ce carnet de voyage, c’est le récit de ces treize jours inoubliables, jour après jour. J’espère qu’il vous donnera envie de partir à votre tour, et toutes les infos utiles si vous rêvez vous aussi de filer jusqu’au Cap Nord en hiver. On vous raconte ?

L’itinéraire en bref

itineraire norvege cap nord roadtrip

Notre boucle au départ d’Alta : un grand tour de la Laponie norvégienne jusqu’au Cap Nord, puis une incursion en Laponie finlandaise (Nuorgam, Inari) avant de revenir par Karasjok.

En bref

  • Quand : du 26 décembre au 7 janvier, en pleine nuit polaire
  • Durée : 13 jours, vols compris
  • Départ du road trip : Alta (on y arrive en avion via Oslo)
  • Itinéraire : Alta → Hammerfest → Honningsvåg (et le Cap Nord) → Kokelv → Nuorgam → Inari → Karasjok → Alta
  • Distance : 1 266 km prévus… 2 504 km au compteur, merci les virées nocturnes pour chasser les aurores
  • Véhicule : un 4×4 (Kia Sportage), mais pas indispensable, une voiture standard à pneus cloutés passe très bien
  • Pays : Norvège (Laponie norvégienne) et Finlande (Laponie finlandaise)

Pour la voiture, je comparerais aujourd’hui les prix de location à Alta sur Discover Cars, et je réserverais tôt : les tarifs de dernière minute sont salés. Et si vous cherchez plutôt un itinéraire prêt à l’emploi, voici notre road trip en Laponie finlandaise, en boucle depuis Rovaniemi.

Pour la voiture, je vous conseille de comparer les prix de location à Alta sur Discover Cars, et de réserver tôt : les tarifs de dernière minute sont salés. Et si c’est plutôt la Laponie finlandaise qui vous tente, on a aussi un itinéraire en boucle au départ de Rovaniemi.

Notre road trip au Cap Nord, jour par jour

Allez, place au récit. On vous embarque jour après jour, de Lyon au Cap Nord et retour, galères et coups de cœur compris.

Jour 1 : Lyon > Oslo, via Zurich

26 décembre

C’est le jour J, et on est prêts.

Ce matin-là, je me lève très tôt : je dois déposer mon frère et ma nièce à la gare de Chambéry, où ils reprennent le train pour Paris. Je fais l’aller-retour sous une pluie battante, le cœur serré de les voir repartir. Pendant ce temps, Jérôme termine les sacs et surtout vérifie leur poids, car on risque d’être tout juste dans les limites.

10h45, on lève le camp, direction l’aéroport de Lyon. On dépose la voiture chez MDS Parc, une société de gardiennage aux tarifs plus avantageux que les parkings de l’aéroport. Si vous cherchez un parking près de Lyon ou de Genève, foncez les yeux fermés, c’est tip top à chaque fois. Dix minutes plus tard, nous voilà au terminal 2.

L’aéroport est vide. On patiente un moment avant d’enregistrer les bagages, puis cap sur la porte d’embarquement, contrôle de sécurité passé. Premier petit souci : l’avion a 30 minutes de retard. Pas de panique, on a de la marge pour l’escale à Zurich. On reste cool.

Vol Lyon Zurich
Carte vol Lyon Zurich

On voyage avec SWISS, non par conviction mais parce que c’était le meilleur tarif. Le vol n’est pas direct : on fait un stop à Zurich avant d’arriver à Oslo en fin de journée. À Zurich, on est finalement hyper justes pour la correspondance, mais une navette nous dépose directement au pied de l’avion. Nous montons à bord les derniers, avec quelques autres retardataires, et c’est parti.

Carte vol Zurich Oslo

Un peu plus de deux heures plus tard, nous atterrissons à Oslo comme prévu, en début de soirée. Pour profiter un peu de la ville avant de repartir tôt le lendemain, j’avais réservé quelques jours plus tôt un hôtel près de la gare centrale : le Citybox Oslo. On y file avec le Flytoget, le train express qui relie l’aéroport à la gare centrale en vingt minutes.

Hotel CityBox Oslo

L’hôtel est bien situé et moderne, la chambre petite mais parfaite pour cette courte nuit. On en profite pour arpenter un peu les rues d’Oslo avant de se coucher. Il fait nuit, mais la ville a l’air jolie et son architecture nous plaît : on se promet d’y revenir aux beaux jours.

Oslo de nuit hiver

On déniche un petit en-cas, et hop, au lit. Demain, lever à l’aube.

Jour 2 : Oslo > Alta > Hammerfest

27 décembre

Lever très tôt : on quitte l’hôtel pour reprendre le Flytoget jusqu’à l’aéroport d’Oslo. Cette fois, on vole avec Norwegian. J’avais lu quelques avis négatifs sur la compagnie, alors j’appréhende un peu, surtout avec nos bagages tout juste dans les limites de poids.

Carte vol Oslo Alta

À l’aéroport, check-in sur les bornes automatiques, puis enregistrement des bagages. Je ne savais pas qu’on pouvait enregistrer ses valises soi-même : voilà où Norwegian fait ses économies. La file est longue mais avance vite. Je pose mon bagage sur le tapis et là, mauvaise surprise : plus de 20 kg. Pas moyen de tricher, la borne se bloque dès qu’on dépasse le poids autorisé. Je me souviens alors avoir rajouté des affaires dans mon bagage à main la veille. Je retire l’excédent, tout rentre dans l’ordre, et c’est parti.

Départ Oslo Alta avec Norwegian

On décolle d’Oslo à l’heure et on atterrit à Alta deux heures plus tard. En vol, la vue est superbe, et on dit au revoir au soleil pour une bonne dizaine de jours : c’est le crépuscule qui nous attend en bas.

Vol Alta Norwegian

Il est 11h, il fait déjà presque nuit. Le décor est posé, les vacances commencent vraiment ici.

Aeroport Alta

L’aéroport d’Alta est petit et tranquille. On récupère vite les bagages et on file au comptoir Sixt chercher la voiture réservée quelques semaines plus tôt : un 4×4 Kia Sportage. Jérôme y tenait, pour ne pas se laisser surprendre sur les routes enneigées et verglacées, et pour pouvoir s’aventurer sur de petites routes au besoin (ce qui nous servira plus d’une fois). Cela dit, si vous comptez rester sur les axes principaux, une voiture standard suffit largement : elles sont toutes équipées de pneus cloutés.

Voiture de location Sixt Alta

Bien installés, l’aventure peut commencer ! Direction Hammerfest, avec une halte au supermarché pour faire le plein d’eau et de provisions, on ne sait pas trop ce qu’on trouvera là-bas.

Carte Alta Hammerfest

Nous voilà sur la route, dans une ambiance étrange et un peu mystérieuse. À cette époque de l’année, au-delà du cercle polaire, on vit un phénomène propre aux régions polaires : la nuit polaire. De mi-novembre à mi-janvier, le soleil ne se lève pas, on baigne dans un crépuscule permanent. Mais détrompez-vous, il ne fait pas nuit noire pour autant : entre 8h et 15h, une jolie lumière nimbe les paysages enneigés. Chez nous, il faisait jour de 8h30 à 14h environ, avec un pic vers 11h. En janvier, le soleil réapparaît peu à peu et les journées rallongent.

La conduite se fait sans souci malgré la glace et la neige, et les paysages sont à couper le souffle dès les premiers kilomètres.

Route Alta Hammerfest

On arrive à Hammerfest en fin d’après-midi, à la nuit complète. Le ciel est couvert mais laisse deviner quelques étoiles. On rejoint l’hôtel que j’avais réservé, le Skytterhuset Hotel : désert et pas très chaleureux, mais la chambre est grande, bien pratique car Jérôme y passera une partie de la soirée à peaufiner les réglages de son matériel photo.

Nous arrivons à l’hôtel que j’avais réservé au préalable : le Skytterhuset Hotel. Celui-ci est désert, pas très accueillant mais la chambre est grande ce qui est bien pratique puisque Jérôme passera une partie de la soirée à peaufiner les réglages de son matériel photo.

Ce soir-là, on ne sortira pas. On profite tranquillement de la chambre en jetant de temps en temps un œil à la fenêtre, et on passe une excellente nuit.

Jour 3 : Hammerfest > Honningsvåg

28 décembre

Réveil difficile (comme d’habitude), au point de rater le petit-déjeuner. Personne ne nous avait indiqué l’heure du service, et on ne croisera d’ailleurs personne de l’hôtel en partant. Ambiance étrange.

Il y a peu de lumière quand on quitte Hammerfest, mais assez pour entrevoir les paysages. On en profite pour visiter les alentours : un arrêt à l’une des bornes de l’arc géodésique de Struve, classé au patrimoine mondial, puis devant l’église d’Hammerfest. Il neigeote, le vent souffle pas mal, mais il ne fait pas si froid, autour de 0°C. Dans les rues, presque personne : on a l’impression d’un pays à l’arrêt, seules les lumières aux fenêtres trahissent un peu de vie. Tout le monde semble rester bien au chaud.

Borne arc géodésique Hammerfest
Eglise Hammerfest

Dernier arrêt avant de filer : la sculpture d’ours blanc, emblème de la ville. Autrefois, le port servait de point de départ pour la chasse à l’ours polaire ; aujourd’hui, Hammerfest défend au contraire les animaux de l’Arctique.

Ours Blanc Polaire Hammerfest

Nous prenons la route pour Honningsvåg pour y rester 3 nuits. Ce sera l’étape la plus au nord avec la visite mythique du Cap Nord.

On prend ensuite la route de Honningsvåg, où l’on va poser nos valises trois nuits. C’est notre étape la plus au nord, celle de la visite mythique du Cap Nord. Pour situer : Honningsvåg se trouve sur l’île de Magerøya, tout au nord de la Norvège, et c’est la dernière ville avant le Cap Nord (elle fait partie de la commune de Nordkapp). On a choisi d’y séjourner pour être au plus près du Cap.

Au départ, on n’avait prévu que deux nuits, mais j’en ai ajouté une troisième, un peu par contrainte logistique et un peu par prudence : si la météo joue contre nous, autant rester sur place le plus longtemps possible pour maximiser nos chances de monter au Cap Nord.

Carte Hammerfest Honningsvag

Sur la route, on s’écarte plusieurs fois de notre tracé pour explorer le paysage et les petits villages. On se croit dans un autre monde, et surtout seuls au monde, tant on ne croise personne. La nuit ajoute encore à cette sensation et rend le trajet à part.

Hammerfest Honningsvag

À l’approche de Honningsvåg, on traverse plusieurs tunnels, dont le Nordkapptunnelen qui relie Magerøya au continent. Il passe sous la mer, à 212 mètres sous le niveau de l’eau, sur près de 6 870 mètres. Il est même équipé de portes antigel, fermées en hiver et qui s’ouvrent automatiquement à l’approche des voitures pour empêcher l’eau de ruissellement de geler. Surprenant la première fois, mais on s’y fait vite.

Tunnel Honningsvag

On arrive enfin à Honningsvåg vers 17h. On trouve sans mal l’auberge de jeunesse, située juste avant le centre-ville. À l’arrivée, personne à la réception, et impossible d’entrer sans code. On appelle le numéro affiché sur la porte et on finit par se faire entendre d’une cliente, qui nous ouvre ; la réceptionniste arrivera peu après. Bon à savoir : en Norvège comme en Finlande, les réceptions sont rarement ouvertes à cette saison, c’est tout à fait normal de devoir téléphoner pour qu’on vienne vous apporter les clés.

On demande à changer de chambre pour être au calme (la nôtre donnait sur la cuisine commune et les sanitaires). La réceptionniste nous dit de choisir celle qu’on veut, adorable ! On s’installe à l’étage, complètement seuls. Le grand couloir désert était même un brin flippant, mais quel calme. L’auberge était quasi vide à cette période.

Auberge de Jeunesse Honningsvag

Elle est propre, avec une salle commune pour se poser et prendre le petit-déjeuner, un ordinateur avec accès internet et le wifi. Bien située par rapport au Cap Nord, c’est un bon choix. Un point tout de même si vous venez en bus : il faut marcher depuis le centre-ville, qui n’est pas tout proche. C’est faisable, on a vu des voyageurs le faire sans souci, mais ce n’est pas l’idéal en hiver avec de gros sacs.

Auberge de jeunesse salle commune Honningsvag

On décharge nos affaires et on file au Rema 1000, à 600 mètres, pour se réapprovisionner et racheter du chocolat, notre petite gourmandise quotidienne. On en profite pour repérer les lieux du côté du Cap Nord : on tombe sur la route qui y mène, fermée, avec les horaires du convoi qu’on prendra sans doute le lendemain.

Honningsvag Nordkapp

Le soir, on ressort tenter notre chance avec les aurores. On déniche même un chemin militaire pour prendre un peu de hauteur, mais on ne verra que quelques étoiles, rien de plus.

Chemin Militaire Honningsvag
Vue Honningsvag

La nuit est calme, et il ne fait même pas si froid, ce qui nous surprend vu la neige et la glace partout. Il faut dire qu’en France, à la même période, les températures sont douces aussi : le temps est déréglé de partout. On rentre bredouilles, pour une bonne nuit de sommeil

Jour 4 : Honningsvåg, premier rendez-vous manqué avec le Cap Nord

29 décembre

L’objectif du jour : monter au Cap Nord. Sauf que notre réveil tardif en décide autrement, et on rate de peu l’heure du convoi.

Car il faut le savoir : en hiver, la route qui mène au Cap Nord est fermée. Pour y accéder, il faut se joindre à un convoi spécial, organisé deux fois par jour. On peut le suivre en bus (départ depuis l’office de tourisme de Honningsvåg) ou avec sa propre voiture. Le point de rendez-vous se situe à 21 km du centre : sur la route du Cap Nord, vous verrez un grand panneau orange sur votre gauche, c’est là (coordonnées GPS : 71° 5.487′, 25° 46.864′). Un panneau y affiche les horaires du convoi, reste à ne pas les louper.

Départ convoi Cap Nord

Avant de partir, j’avais cherché comment se rendre au Cap Nord et, hormis le bus, rien n’indiquait clairement qu’on pouvait y aller avec son propre véhicule. Je vous le confirme donc : c’est tout à fait possible, en suivant le convoi. L’équipe peut toutefois refuser une voiture sans équipement neige, ou si vous n’êtes pas à l’aise sur la glace. Et si la météo est mauvaise, le convoi peut être purement annulé. Mon conseil : optez pour la voiture si vous êtes à l’aise au volant sur neige, c’est bien plus économique que le bus (j’y reviens un peu plus loin).

Quand on arrive au point de rendez-vous, il n’y a personne. Le convoi est déjà parti, ou peut-être annulé vu le temps.

Fjord Honningsvag

On passe alors un bon moment à sillonner l’île, de village en village. Presque âme qui vive, les villages semblent morts, seules les lumières mettent un peu de vie. Là encore, il ne fait pas très froid, on prend l’air avec plaisir.

Port de Skarsvag
Port Skarsvag

À 14h30, on revient au point de rendez-vous pour vérifier que le convoi rentre bien du Cap Nord. Effectivement, on le voit arriver avec pas moins de cinq bus pleins à craquer. La voiture-balai s’arrête à notre niveau : Jonas, le conducteur, nous explique que pour aujourd’hui c’est terminé (ce qu’on savait déjà). On vérifie avec lui qu’on peut bien monter avec notre propre voiture le lendemain. Il confirme, tout en nous conseillant plutôt le bus, qu’il pense plus économique. Sauf que le bus coûte 490 NOK par personne (58 €), contre 245 NOK (29 €) avec sa propre voiture. On ne voit pas du tout l’économie, vraiment pas. On reste donc sur l’option voiture pour le lendemain.

On rentre à Honningsvåg en suivant le convoi jusqu’au centre. On comprend alors que les gens des bus viennent d’un bateau amarré au port plus tôt dans la matinée. De retour à l’auberge, on passe du temps à ne pas faire grand-chose : check météo, check prévisions d’aurores, et rebelote.

On ressort un peu plus tard en direction du Cap Nord et on se pose sur le parking de la veille, sans aucune lumière parasite, parfait pour observer le ciel. Pour passer le temps, on n’a rien trouvé de mieux que de s’amuser avec un laser et de s’entraîner au light painting.

Light painting en attendant les aurores
Light painting Norvege
Light painting norvege voiture

Un chasse-neige viendra se garer près de nous plus tard, son conducteur entame sa nuit ici pendant qu’on scrute le ciel. Trop de brouillard et de nuages, encore : on rentre une nouvelle fois bredouilles.

Chasse neige Honningsvag

Jour 5 : Honningsvåg, le Cap Nord nous résiste

30 décembre

Lever 8h pour le petit-déjeuner (cette fois on ne le rate pas), histoire de prendre des forces vu notre alimentation un peu chaotique depuis l’arrivée. Ce n’est pas faute de vouloir bien manger : il y a peu d’options, beaucoup d’établissements fermés, et la Norvège coûte cher. Alors on fait au mieux pour ne pas se ruiner.

Aujourd’hui, on est à l’heure pour le convoi. Mais en sortant de l’auberge, un vent glacial nous accueille, et sur la route, le temps n’est vraiment pas au beau fixe. Au point de rendez-vous, Jonas nous dit que le départ n’est pas encore décidé à cause de la météo. Cinq minutes plus tard, verdict : annulé pour aujourd’hui.

Convoi Cap Nord

Je suis très déçue. Même avec ce temps, je m’étais réjouie d’y aller aujourd’hui puis demain, notre dernier jour ici : j’avais appris que les billets d’entrée étaient valables 48 h, et je m’étais mis en tête d’y monter deux jours d’affilée pour profiter d’une lumière différente et faire un maximum de photos.

Honningsvag
Honningsvag

On rentre bredouilles. On a déjà fait le tour des environs et le temps est franchement mauvais, brouillard et vent rythment cette journée morose. On passe à l’office de tourisme, où plusieurs voyageurs cherchent des solutions (bus, taxis), mais la route est mauvaise : pas de Cap Nord aujourd’hui. Il n’y a pas grand-chose à faire.

Trolls Honningsvag

De retour à l’auberge, on se repose et on se renseigne sur la suite du voyage et les spécialités norvégiennes. On repasse au supermarché pour préparer notre réveillon du lendemain, et j’en profite pour écrire mon dernier article de l’année sur le blog, une petite rétrospective de l’année.

Auberge de jeunesse Honningsvag

Le soir, on ressort au même endroit que la veille, mais rien, encore. On commence sérieusement à désespérer : va-t-on rentrer sans avoir vu une seule aurore ? On en est déjà à spéculer sur un prochain voyage pour se rattraper.

Jour 6 : le Cap Nord, enfin, et nos premières aurores

31 décembre

Dernier jour à Honningsvåg. On prend le petit-déjeuner, on charge toutes nos affaires et on file une nouvelle fois au point de rendez-vous du convoi. Le ciel est couvert, mais nettement mieux que la veille. On y croit !

Honningsvag

On arrive les premiers, puis les voitures affluent peu à peu pendant que Jonas inspecte chacune pour des raisons de sécurité.

Départ convoi North Cap

11h30 : cette fois, le convoi part. Quelques minutes de route suffisent pour rejoindre le Cap Nord, les voitures se suivant à bonne distance. Sur le parking, on s’active pour profiter au maximum du temps imparti : le retour est fixé à 14h15, unique, impossible de rester plus longtemps. C’est la règle en hiver, alors qu’en été l’accès est totalement libre.

Cap Nord - Nordkapp

Le ciel est bien couvert et le vent souffle fort. On se précipite vers le globe pour faire les photos qu’on avait en tête depuis des semaines, et on y reste un bon moment, le temps que chacun fasse les siennes. On fait le tour du bâtiment principal sous tous les angles. C’est assez irréel de se trouver là. Le Cap Nord est un lieu mythique, le point le plus au nord d’Europe accessible par la route : du haut de la falaise et de son célèbre globe, seules les îles du Svalbard nous séparent du pôle Nord. On est plutôt fiers d’y être pour ce dernier jour de 2013.

Cap Nord globe

On fait le tour du bâtiment principal pour faire des photos de tous les cotés. C’est assez étrange de se trouver là. Le Cap Nord est un endroit mythique, le point le plus septentrional de l’Europe. Du sommet de la falaise avec son célèbre monument du globe, seules les îles du Svalbard nous séparent du pôle Nord. Ça en jette et nous sommes assez fiers d’y être pour ce dernier jour de l’année 2013.

Cap Nord
Cap Nord - Nordkapp

Petite anecdote : il existe une webcam à 360° qu’on regardait presque chaque jour avant le départ. Et en y regardant de plus près… c’est bien nous dessus, en train de photographier le globe ! On a capturé la vidéo en souvenir de ce jour inoubliable.

Vue à 360°, le 31 décembre à 12h.

Webcam Cap Nord 12h

Nous sur la webcam ! Nous étions en train de prendre des photos du globe.

Webcam Cap Nord 12h30

On termine par le grand bâtiment, qui abrite une boutique de souvenirs, des expositions et des films sur le Cap Nord. On n’aura pas le temps de visiter l’intérieur, trop court. Bonne nouvelle : on n’a rien eu à payer. Il y a bien une sorte de péage à l’entrée, mais tout est fermé en hiver (contrairement à l’été). Je pense que la visite intérieure, elle, aurait été payante. Encore une fois, si vous avez une voiture, privilégiez-la : au mieux vous ne payez rien, au pire 245 NOK par personne, bien moins que le bus.

Cap Nord
Cap Nord

14h15, le convoi repart. On quitte la route fermée du Cap Nord et on met le cap sur Kokelv, où l’on passera le réveillon.

Carte Cap Nord Kokelv

On arrive plus tôt que prévu à notre cottage, le Kokelv Sjøhus. L’endroit est magnifique : on dort presque sur l’eau, dans un petit logement sur pilotis. On entend le clapot, et même dans l’obscurité, la vue a l’air superbe. On annonce au propriétaire qu’on est là pour les aurores. Il ne relève pas vraiment, nous disant qu’il nous faudra de la chance.

Kokelv

Le cottage est fonctionnel, avec une mauvaise surprise : deux lits superposés. Tant pis, l’endroit nous plaît tellement qu’on oublie vite ce détail (et de toute façon, on ne dormira pas beaucoup cette nuit-là).

Cottage Kokelv

Il y a un sauna, on demande à ce qu’on nous l’allume. Pendant la chauffe, on fait un point météo : le ciel se découvre, les aurores devraient se montrer. On sort quelques minutes et on aperçoit une trace blanchâtre. Une aurore ? Les voisins ont fait un feu sur leur terrasse, il y a trop de lumière, mais on prend vite une photo pour en avoir le cœur net.

Aurore Boreale à Kokelv

C’est bien une aurore ! Nous rentrons et décidons de manger rapidement pour ensuite prendre la voiture et s’éloigner de toute source lumineuse.

C’est bien une aurore ! On rentre, on mange en vitesse, puis on saute dans la voiture pour s’éloigner de toute source lumineuse. C’est le réveillon, alors je cuisine un peu avec ce qu’on a : tomate farcie de crevettes et sa mayonnaise, puis boulettes de viande et pâtes, et un yaourt fruits de la passion au chocolat en dessert. C’est simple, mais l’aurore nous attend, on verra plus tard pour la gastronomie.

tomate farcie crevettes
boulettes viande norvege
yaourt fruits passion chocolat

Nous roulerons beaucoup ce soir là, beaucoup trop (en direction du nord) pour trouver un bon spot avec point de vue vers le nord mais il est difficile de trouver le bon endroit pour s’arrêter et sans pollution lumineuse. En route, nous nous arrêtons pour voir ce qu’il se passe dans le ciel, et demoiselle Aurore est toujours là derrières les nuages !

Aurore boreale Koklev Norvege

On roule beaucoup ce soir-là, trop même, vers le nord, pour trouver un spot dégagé sans pollution lumineuse. À chaque arrêt, demoiselle Aurore est toujours là, derrière les nuages. On pousse jusqu’à Havøysund, à l’extrémité de la côte : grosse déception, là aussi il y a trop de lumière, une ville se cache au bout de la route. Demi-tour. On cherche aussi un wifi ouvert pour nos applis météo et alertes aurores, on devient un peu les mendiants du wifi, mais ça nous fait rire, la bonne humeur est de mise..

Aurore Boreale Norvege

Sur le chemin du retour, on finit par s’arrêter du côté de Stranda, à 30 km au nord de Kokelv, sur la route RV889. Et là, l’aurore est juste au-dessus de nos têtes. Devant nous, au-dessus, derrière : on ne sait plus où donner de la tête ! On déclenche nos reflex à tout-va, on crie de joie à chaque mouvement du ciel vert. On a tellement attendu ce moment.

aurore boreale norvege

Quelques feux d’artifice éclatent, il est presque minuit, et nous voilà heureux comme des enfants, avec cette aurore en guise de cadeau pour la nouvelle année.

Northem ligths Norvège

On reste des heures à contempler le spectacle malgré le froid. Sur le retour, je vois que le propriétaire du logement m’a envoyé un SMS pour nous prévenir que l’aurore était dans le ciel : une attention qui me touche, lui qui avait presque ri quand on lui en avait parlé. On rentre au petit matin, crevés mais comblés. On peut le dire : l’année commence bien.

Northem ligths Norvège
Northem ligths Norvège
Northem ligths Norvège
Northem ligths Norvège

Sur le retour, je vois que le propriétaire du logement m’a envoyé un SMS pour nous prévenir que l’aurore était dans le ciel : une attention qui me touche, lui qui avait presque ri quand on lui en avait parlé. On rentre au petit matin, crevés mais comblés. On peut le dire : l’année commence bien.

Northem ligths Norvège

Jour 7 : Kokelv > Nuorgam, et l’aurore qui danse

1er janvier

Le réveil est particulièrement rude après cette nuit dehors. J’ai l’impression de me lever un lendemain de cuite, alors que je n’ai pas bu une goutte ! On avait prévu de se lever tôt pour profiter du sauna laissé de côté la veille, mais on finit par se rendormir. Le temps est clair, pour la première fois depuis notre arrivée, et la vue depuis notre cabine est magnifique.

cottage Kokelv
cottage Kokelv

Le temps d’une bonne douche et de tout ranger, et nous revoilà sur les routes, un peu après 11h.

carte kokelv nuorgam

Comme le ciel est dégagé, on en profite pour photographier ces paysages superbes.

trajet Kokelv Nuorgam
cabane de pecheur kokelv
sechoir en norvege

Les routes sont gelées, on fait très attention à chaque descente de voiture, ça glisse vraiment avec nos simples chaussures de randonnée.

route verglacée
route Kokelv Nuorgam
route Kokelv Nuorgam
route Kokelv Nuorgam

Petit point logistique : on avait d’abord prévu une nuit à Karasjok, avec un retour quelques jours plus tard après notre boucle finlandaise. Mais à Honningsvåg, j’ai eu envie de filer directement en Finlande, à Nuorgam, en pressentant qu’on y aurait plus de chances. J’ai donc réservé une nuit de plus à Nuorgam et tenté d’annuler Karasjok, sans succès via Booking. J’avais écrit au propriétaire du bed and breakfast, sans réponse. On décide d’y aller quand même et de voir sur place, puisqu’on doit forcément passer par là pour rejoindre la Finlande. Une fois sur place, le propriétaire nous apprend qu’il avait bien modifié notre réservation (il m’avait répondu, mais je n’ai jamais reçu son mail, vive Yahoo Mail).

Vers 14h, on file vers Nuorgam, en Finlande. À la frontière, les paysages changent : les routes se bordent d’arbres et on croise nos premiers rennes. Un peu plus loin, une voiture est dans le fossé, le conducteur a voulu éviter un animal ; tout le monde va bien, mais on redouble d’attention.

Renne près de la route en Finlande

On change aussi d’heure en passant en Finlande, on prend une heure. À l’approche de Nuorgam, nouvelle tache verte dans le ciel : une aurore, et ce soir le ciel est dégagé. On se dépêche d’arriver au camping pour pouvoir en profiter.

Aurore boreale route Nuorgam

On arrive à 18h15. Les gérants sont sur le parking avec d’autres clients : un guide va les emmener observer l’aurore, et nous indique une colline toute proche. Jérôme repère le trajet et on se dépêche de décharger pour les rejoindre. Dans la précipitation, on se retrouve dehors, clés à l’intérieur du cottage. Un coup de fil et c’est réglé en cinq minutes. En route pour la colline !

En haut, on retrouve les clients et le guide, tous excités à l’idée de voir danser l’aurore. On échange dans la bonne humeur, Jérôme, fidèle à lui-même, aide tout le monde pour les réglages photo. Le spectacle commence, encore timide mais suffisant pour nous ravir.

Aurore boreale Nuorgam

Les clients repartent, on reste seuls un moment, puis le guide revient avec d’autres voyageurs, des Italiens. On échange quelques photos sous les aurores. Et là, l’aurore s’intensifie, on la voit carrément danser : magique. On est comme des fous sous ce ciel vert.

Aurore boreale Nuorgam
Aurore boreale Nuorgam
Aurore boreale Nuorgam
Aurore boreale Nuorgam

On est restés un bon moment, jusqu’à ce qu’elle se dissipe. Encore un retour tardif, mais quelle soirée.

Jour 8 : Nuorgam, tempête de neige et patience

Avec le peu de sommeil de ces dernières 24 h et la belle aurore de la veille, on se lève très tard. Le réveil a beau sonner à 9h, on n’en sort qu’à 14h. Il fait encore jour, alors on file à pied voir la rivière gelée juste derrière le camping. Le temps est glacial, il neige et il vente.

On loge dans un camping, le Holiday Village Nuorgamin Lomakeskus, dans un bungalow tout confort. C’est de loin notre meilleur hébergement du séjour côté rapport qualité-prix. En Finlande, c’est généralement moins cher qu’en Norvège, et il y a plus de choix : côté norvégien, beaucoup d’établissements (et surtout de campings) sont fermés en hiver. La saison ne semble pas propice au tourisme, on le constate à chaque étape.

Notre cottage nous plaît tellement qu’on se dit qu’on reviendrait y rester plus longtemps.

Holiday Village Nuorgamin Lomakeskus Nuorgam

L’entrée est astucieuse : on ouvre une première porte, un sas, une seconde porte, un autre espace, avant d’arriver à la cuisine. Pratique pour faire sécher vêtements et chaussures, et bien isoler du froid.

Holiday Village Nuorgamin Lomakeskus Nuorgam

La cuisine est spacieuse et fonctionnelle.

Holiday Village Nuorgamin Lomakeskus Nuorgam

Côté chambre, on a de nouveau eu deux lits plutôt qu’un grand, comme souvent depuis le début. On s’adapte.

Holiday Village Nuorgamin Lomakeskus Nuorgam

On marche jusqu’au supermarché à dix minutes, ça fait du bien. Bien emmitouflés, on survit largement, et on se laisse même aller à une petite bataille de boules de neige. J’adore flâner dans les rayons d’un supermarché local pour découvrir des produits qu’on ne trouve pas chez nous. Ici, les prix sont affichés en euros et en NOK, on est proches de la frontière norvégienne. Au rayon pâtisserie, je tombe sur du sirop de glucose, étonnant quand on sait comme c’est difficile à trouver en France.

sirop glucose finlande

On achète quelques fruits, des boulettes et des petites saucisses pour manger un peu local, et on tente un fromage typiquement finlandais, le leipäjuusto. Passage obligatoire au rayon chocolat pour Jérôme. Amusant aussi : pas mal de produits à l’effigie d’Angry Birds (l’éditeur est finlandais, ça explique tout).

Boissons Angry Birds
Shampoing douche Angry Birds

Retour au cottage, point météo : rien d’encourageant. C’est rageant, on reçoit des tas d’alertes annonçant une belle activité ce soir, et on verra plus tard que le ciel de Tromsø, lui, était parfaitement dégagé. On en profite pour regarder nos premières photos d’aurores sur l’ordi, et je poste la toute première sur Facebook pour souhaiter la bonne année : les réactions ne se font pas attendre.

On dîne vite pour avoir des forces au cas où, et on teste notre fromage finlandais, le leipäjuusto. On peut le manger froid, chaud ou grillé ; je le grille à la poêle. Ça me rappelle un peu le fromage arménien qu’on achète chez Arax à Grenoble, l’halloumi, mais en beaucoup moins salé.

Leipäjuusto fromage finlandais

En voiture, direction la colline de la veille. En montant, on réalise qu’on est en pleine tempête de neige : visibilité réduite, on rate même notre point d’arrêt. On continue pour garder la voiture chaude jusqu’au bout de la route, qui débouche sur un lac. La tempête s’est intensifiée, on ne voit presque rien, juste les piquets sur les bords du chemin pour nous guider. Je ne suis pas rassurée, mais Jérôme maîtrise parfaitement. De retour sur l’axe de Nuorgam, les lampadaires s’éteignent, et tout devient noir devant notre logement : coupure d’électricité. Quelques minutes et tout revient.

On re-check la météo depuis le parking de la réception, là où on capte le wifi. Pas d’amélioration, et les images satellites laissent peu d’espoir. On décide quand même de remonter sur la colline et d’attendre (c’est d’ailleurs de là que j’écris ces lignes). Les rafales de neige sont toujours là, nos chances infimes, mais on a envie d’y croire. La neige finit par se calmer (pas le vent), le ciel reste couvert, sans étoile, mais une tache se devine au loin. Lumière d’une ville ou aurore ? Une photo test tranche : trace verte, c’en est une. Au-dessus de nous, une lueur blanchâtre, comme la lune derrière les nuages, sauf qu’il n’y a pas de lune en ce moment : c’est sûrement l’aurore qui diffuse sous la couche nuageuse. En quelques minutes, elle disparaît au-dessus de nous, mais la trace à l’horizon demeure. Frustrant de savoir le spectacle si proche si seulement le ciel était clair. On reste un bon moment sans rien voir de plus, puis on rentre dormir.

Jour 9 : Nuorgam > Inari, rennes sur la route

Réveil encore difficile. Il est 9h30 quand j’arrive à m’extraire du lit pour une douche (l’eau n’est malheureusement pas très chaude). Jérôme se lève un peu après. On range, on charge la voiture, et on reprend la route.

En voiture Nuorgam

Aujourd’hui, on descend vers Inari, à environ 2 h.

carte route Nuorgam Inari

La route est jolie, bordée d’arbres de chaque côté. Une voiture nous fait des appels de phares, et quelques mètres plus loin, on comprend pourquoi : un petit troupeau de rennes. On en profite pour les photographier et les filmer. Certains ont des bois, d’autres non, et ils n’ont pas l’air bien effrayés.

Route Nuorgam Inari
Renne en Finlande
Troupeau de rennes en Finlande

On roule tranquillement jusqu’à Inari, au Holiday Village Inari, un petit gîte que j’avais réservé. Et là, déception. Le gîte est petit, surtout la salle de bain avec wc, qui se transforme en piscine dès qu’on prend une douche. Beaucoup de petits détails laissent à désirer, certains sont même limites côté sécurité. A noter que depuis notre passage, cet hebergement a complètement changé et pour le mieux !

Les petits chalets sont mignons de l’extérieur, mais l’intérieur est vieillot et mal éclairé, gênant le soir.

Holiday village Inari

La kitchenette était minuscule et on n’a jamais réussi à faire fonctionner le réfrigérateur ni les plaques, malgré les instructions ; la réception étant fermée, on n’a pas cherché à résoudre le problème. Pour les draps, c’était en option, et le propriétaire qui nous a remis les clés ne l’a pas précisé, une première depuis le début du voyage. Heureusement, on avait nos duvets, on dormira dedans.

Holiday village Inari

Quant à la petite salle de douche avec wc, ce qui m’a choquée, c’est le radiateur électrique tout près de l’eau de la douche : franchement pas rassurant.

Holiday village Inari

On s’installe, Jérôme prend une douche, et on ressort à pied faire quelques courses, ça nous fait du bien de marcher. Comme les plaques ne fonctionnent pas, on mange vite et on sort, comme chaque soir, guetter les aurores. On roule un bon moment et on s’enfonce sur un chemin qui finit par ne plus en être un. On y voit des rennes, mais aucune aurore ce soir-là. Retour bredouilles, encore une fois.

Ciel Inari

Jour 10 : Inari > Karasjok, une nuit chez les huskies

4 janvier

Est-ce parce que le gîte ne nous plaisait pas ? Toujours est-il qu’on se lève tôt ce matin-là. On charge la voiture et on prend la route de Karasjok, retour en Norvège.

route-inari-karasjok

La route est déserte, on ne croise quasiment personne, et on arrive vers 14h.

route-Karasjok
route-karasjok-kia

On tourne un moment dans la ville avant de rejoindre notre hébergement.

Engholm-Karasjok

Et quel hébergement : l’Engholm Husky Design Lodge, un endroit tellement à part que j’en ai fait un article dédié , allez y jeter un œil, vous serez bluffés par l’esprit du lieu.

Engholm-Husky-Karasjok-10
Engholm-Husky-Karasjok-26

On y propose aussi des safaris en traîneau à chiens et d’autres activités. À l’arrivée, on a le choix entre deux cabines : on prend celle avec douche, près des huskies !

En remontant chercher nos affaires à la voiture, on croise deux voyageurs français avec qui on discute un bon moment : photos, but de leurs vacances, des nôtres. Comme nous, ils vadrouillent en Norvège et en Finlande, mais sans voiture ni hébergement : ils passent la plupart de leurs nuits dehors, avec le matériel qu’il faut, rassurez-vous. Échange très enrichissant. Eux sont là pour une sortie en raquettes avec un guide. On se quitte en se promettant de se revoir le lendemain matin.

Ce soir, on s’offre un vrai repas à la table d’hôte : ragoût de renne, purée de pommes de terre et céleri-rave, salade composée. Un repas 100 % local, qui nous régale, dans un cadre exceptionnel.

Engholm-Husky-Karasjok

Après le souper, on ressort comme à notre habitude. On roule pas mal et, encore une fois, pas d’aurore à l’horizon. On croise en revanche un troupeau de rennes qu’on suit un petit moment sur la route, avant de rentrer pour une bonne nuit.

troupeau-renne-karasjok

Jour 11 : Karasjok > Alta, l’aurore derrière les nuages

5 janvier

Lever à 10h, après une nuit un peu agitée : les chiens ont aboyé une bonne partie de la nuit. On se prépare, Jérôme va saluer nos deux amis français qui ont dormi dehors, et avant de partir, on passe un moment à observer les huskies, c’est l’heure du casse-croûte et des câlins.

huskies-karasjok
husky-karasjok

On propose à nos deux amis de les avancer jusqu’à la frontière finlandaise, même si ce n’est pas notre direction : ils s’apprêtent à traverser un parc naturel à pied, sur cinq jours. On discute encore un bon moment avant de se quitter, un beau moment d’échange.

expedition-karasjok

On reprend ensuite notre route, direction Alta, dernière étape du séjour.

carte-route-karasjok-alta

Comme on a tardé à partir, on roule de nuit, en faisant attention aux animaux. On arrive vers 18h et on rejoint notre hôtel, l’Altafjord Gjestegaard & Spa. L’accueil est chaleureux (ce n’est pas le cas partout, je dois dire) et la chambre plutôt grande. Il y a même une kitchenette, mais sans le moindre ustensile dans les placards, donc inutile, ce qui est dommage d’autant que le réfrigérateur, lui, est branché et bruyant.

Altafjord-Gjestegaard-Spa

On mange vite pour sortir tôt, et on roule vers le nord pour trouver un bon spot. Quelques étoiles pointent, on essaie d’y croire après plusieurs nuits sans rien. Trouver le bon endroit est encore compliqué, on finit par s’arrêter près de la mer. Une tache verte apparaît : une aurore, enfin ! À peine visible à l’œil nu, mais bien là sur l’appareil photo. On prend quelques clichés, puis tout disparaît, le ciel redevient noir. J’ai froid, je n’y crois plus pour ce soir. Jérôme, lui, reste motivé.

aurore-boreale-alta

On fait bien d’attendre : le ciel se constelle d’étoiles, magnifique, et l’aurore est toujours là, derrière les nuages. On ne la voit presque pas à l’œil nu, mais sur les photos c’est superbe.

aurore-boreale-alta-fini
aurore-boreale-alta-02

Petit conseil au passage : certaines aurores sont à peine perceptibles à l’œil nu alors qu’elles ressortent très bien en photo, avec une pose assez longue. Si vous les chassez comme nous, n’hésitez jamais à faire une photo test du ciel en pose longue.

On remballe après plusieurs heures dehors, avec un dernier arrêt pour admirer le ciel étoilé et l’aurore qui s’efface. Retour fatigués, prêts pour une bonne nuit.

ciel-etoile-alta

Jour 12 : Alta, dernière nuit en Norvège

6 janvier

Pas la force d’aller au petit-déjeuner ce matin (encore). On reste au lit un bon moment.

vue-Altafjord-Gjestegaard-Spa

Il fait beau et le ciel est clair, à souligner tant c’est rare depuis notre arrivée. On fait le tour d’Alta en espérant que le temps tienne pour notre dernière nuit norvégienne.

alta
alta-02
alta-norvege

On passe au centre commercial, le seul de tout notre voyage (ça ne nous a pas manqué, loin de là), on fait quelques derniers achats, puis retour à l’hôtel pour se reposer et être en forme ce soir.

Vers 20h, après une bonne sieste, le ciel est tout brumeux : il a neigé pendant qu’on dormait. On sort quand même, dans le sens opposé à la veille. Trouver un bon spot est encore plus difficile que d’habitude, entre arbres, mer et montagne, on roule un peu pour rien. On fait demi-tour. Le ciel est très couvert, on risque de ne rien voir. On croise d’autres chasseurs d’aurores, mais ce soir, ça semble mal parti.

On s’arrête sur un parking au retour, pour observer le ciel plus par habitude que par conviction. Après quelques minutes, une trace blanchâtre apparaît. Aurore ou nuage ? La photo répond : aurore. Elle a l’air énorme, mais les nuages gâchent tout, comme presque chaque soir. On prend quelques photos, les dernières, et on patiente en espérant une éclaircie. Il n’y aura rien de plus ce soir-là. On finit par rentrer : il faut tout ranger, car demain à 11h35, on prend notre vol depuis Alta, direction Oslo puis Lyon via Bruxelles.

attente-Alta

Jour 13 : Alta > Lyon, via Oslo et Bruxelles

7 janvier

C’est le dernier jour. On se rend tôt à l’aéroport d’Alta pour rendre la voiture et prendre notre vol avec Norwegian (comme à l’aller), prévu à 11h35. L’aéroport est encore plus vide qu’à l’arrivée, et on sent la fatigue accumulée par nos nuits courtes. Le vol Alta-Oslo nous permet de récupérer un peu.

vol-alta-norwegian

À Oslo, de longues heures d’attente commencent. On rentre avec Brussels Airlines, sans encombre. L’escale à Bruxelles est courte, et on reprend vite un vol pour Lyon. Sur le retour, on parle déjà de notre prochain voyage : clairement, on n’en a pas eu assez. On échafaude des plans sur la destination, le déroulé… je vous en dirai plus quand tout sera calé.

On arrive à Lyon à 22h30, et il nous reste encore une heure de route jusqu’à Grenoble. C’est vers minuit qu’on rentre, fatigués par ce long voyage. Le lendemain, c’est la reprise : les vacances sont déjà terminées.

Infos pratiques

L’itinéraire et la conduite

On avait préparé notre itinéraire en amont, avec une seule contrainte fixée par Jérôme : monter le plus au nord possible, en passant par le Cap Nord. À partir de là, le tracé s’est dessiné assez logiquement, car il n’y a pas trente-six routes dans la région.

On avait prévu 1 266 km, avec des étapes de 120 à 200 km par jour (une seule plus longue, à 300 km). Sauf qu’on n’avait pas anticipé toutes nos virées du soir pour chasser les aurores : au final, on a parcouru 2 504 km ! Avec le recul, on aurait aimé en faire un peu moins, la route fatigue. C’est surtout en cherchant des spots d’aurores qu’on a beaucoup roulé.

Côté véhicule, on ne regrette pas notre 4×4, même s’il n’est absolument pas obligatoire : il nous a permis de nous engager sur des chemins et d’accéder à de jolis coins, comme la route militaire de Honningsvåg. Les routes enneigées et verglacées n’ont pas posé de problème : on s’habitue vite, et toutes les voitures de location sont équipées de pneus cloutés.

Y aller : vols et location de voiture

Nous sommes partis de Lyon, après avoir déposé la voiture chez MDS Parc, une société de gardiennage à dix minutes de l’aéroport, moins chère que les parkings de l’aéroport et au service impeccable.

Il nous a fallu plusieurs vols pour rejoindre Alta, sur deux jours à l’aller :

  • Lyon → Oslo via Zurich, avec SWISS
  • Oslo → Alta, avec Norwegian

Au retour, sur une seule journée :

  • Alta → Oslo, avec Norwegian
  • Oslo → Lyon via Bruxelles, avec Brussels Airlines
Voiture de location Sixt Alta

Pour comparer et réserver vos vols, Skyscanner reste pratique.

Sur place, on a loué un 4×4 équipé pour la neige (un Kia Sportage). Pour la voiture, passez par un comparateur pour trouver le meilleur tarif : je compare les prix sur Discover Cars, et je réserve le plus tôt possible.

Où dormir, étape par étape

Hotel CityBox Oslo

On avait tout réservé à l’avance, ne connaissant pas le pays et la saison touristique étant en berne. Tout est passé par Booking, bien pratique pour retrouver ses réservations au même endroit et payer à l’arrivée. Voici nos étapes :

Oslo – 1 nuit
Citybox Oslo
Hôtel très bien situé à 2 pas de la gare centrale et du centre ville. Chambre petite mais moderne et propre.

Hammerfest – 1 nuit
Skytterhuset Hotel
Hôtel un peu vieillot à mon goût. Pour une étape pourquoi pas mais pas plus.

Honningsvag – 3 nuits
Nordkapp Vandrerhjem Hostel
C’est une auberge de jeunesse. Très bien mais il faut dire qu’il n’y avait quasi personne donc à tester en haute saison. Pour nous ce fût parfait (propre et calme).
Edit: l’endroit est définitivement fermé et pour le moment il n’y a rien d’autre à la place

Kokelv – 1 nuit
Kokelv Sjøhus 
Cottage sur l’eau, cadre idyllique sur la mer. Un endroit où l’on aimerait rester plus longtemps. Il y a un appartement plus grand qui semblait bien sympathique pour les familles ou groupes. On ne trouve plus cet appartement à la location depuis 2017.

Nuorgam – 2 nuits
Holiday Village Nuorgamin Lomakeskus
Village de vacances d’un rapport qualité/prix excellent. C’est le logement qui nous a le mieux convenu. Grand, propre et personnel accueillant.

Inari – 1 nuit
Hollday Village Inari
Village de vacances. Le petit chalet était vieillot, peu éclairé, kitchenette qui ne fonctionnait pas. Depuis, cet établissement a bien changé et est devenu bien plus moderne.

Karasjok – 1 nuit
Engholm Husky Design Lodge
Endroit exceptionnel mais onéreux. Si vous souhaitez vous faire une nuit atypique et romantique, c’est le bon endroit 🙂

Alta – 2 nuits
Altafjord Gjestegaard & Spa
Hotel de standing. Nous avons eu une chambre qui donnait sur la rue, c’était globalement assez bruyant. Avis mitigé sur cet établissement.

Manger sur place

Engholm Husky Karasjok  diner

Les restaurants sont chers en Norvège, un peu moins en Finlande. Par souci d’économie, et parce qu’on a souvent trouvé porte close, on n’a quasiment pas mangé au restaurant, à part une belle table d’hôte un soir à Karasjok, à l’Engholm Husky Lodge.

Le plus économique reste de faire ses courses au supermarché (Rema 1000, par exemple), ouverts tard et tous les jours. Idéalement, choisissez des logements avec kitchenette. On a très mal mangé pendant ce séjour, par manque de temps et un peu de flemme, mais bien manger est tout à fait possible, rassurez-vous. Avec un petit budget, sachez aussi qu’on se restaure pour pas cher dans les stations-service : déroutant quand on vient de France, où c’est l’inverse, mais n’hésitez pas à y entrer.

Si la cuisine lapone vous intrigue, j’en parle dans cet article.

La monnaie

En Norvège, la monnaie locale est la couronne (NOK). Le taux tourne autour de 11 à 12 NOK pour 1€ (en 2026) En pratique, divisez le prix en NOK par environ 10 pour avoir un ordre de grandeur en euros.

En Finlande, c’est l’euro, donc tout simple.

À noter : beaucoup de paiements se font par carte, et certains endroits n’acceptent pas le liquide.

Voyager pendant la nuit polaire, bonne ou mauvaise idée ?

Route Alta Hammerfest

La nuit polaire mérite son paragraphe tant l’expérience est unique, et c’est elle qui a donné son atmosphère si particulière à ce voyage. J’étais partie avec un gros a priori : j’aime le jour et le soleil, et j’avais peur de ne pas supporter ce crépuscule permanent. Beaucoup, autour de nous, trouvaient même curieux qu’on parte à cette période. Jérôme, lui, était convaincu que ce serait une superbe expérience, et il a eu entièrement raison. Je crois qu’il faut le vivre pour comprendre. Si je pouvais repartir à la même période, je le referais sans hésiter.

Le froid et l’équipement

Cap Nord - Nordkapp

Frileuse, j’avais très peur du froid, mais finalement les températures n’ont pas été extrêmes : le plus souvent entre 0 et -8°C. On a connu un -15°C avec du vent, et là, effectivement, ça pique.

Notre vraie difficulté, ce sont les longues nuits d’attente dehors, pour lesquelles on n’avait pas le bon matériel. On avait pensé aux chaufferettes, mais pas aux chaussures : en bons Grenoblois, on était partis avec nos chaussures de rando et, malgré les grosses chaussettes, on finit par avoir les pieds gelés après des heures dans la neige. Leçon retenue pour la suite. De mon côté, j’ai eu froid malgré plusieurs couches : à revoir aussi.

Pour bien vous couvrir, retrouvez tous nos conseils dans notre article comment s’habiller en Laponie.

Observer ses premières aurores boréales

aurore boreale norvege

Le but du voyage était de voir les aurores. Mission accomplie : la première fois le 31 décembre, puis le 1er janvier à Nuorgam. On en a revu les jours suivants, mais cachées derrière les nuages.

Quelques conseils tirés de l’expérience :

  • Lire ou relire mon article au sujet des aurores boréales (comment, où et quand les voir)
  • Éloignez-vous au maximum des sources lumineuses.
  • Sortez chaque soir observer le ciel : il faut être patient et y croire.
  • Un doute sur une lueur ? Sortez l’appareil photo et faites une pose longue sur trépied, vous serez vite fixés.
  • Équipez-vous d’applis d’alertes aurores sur votre smartphone, c’est très utile. Vous pouvez aussi consulter l’outil de prévisions d’aurores de Jérôme, actualisé toutes les 30 minutes.

Applis alertes aurores :

  • My Aurora Forecast & Alerts (iOS et Android)
  • Aurora Alerts – Northern Light (iOS et Android)

Applis météos :

  • L’appli météo que l’on utilise depuis plus d’un an et qui nous parait hyper fiable : Weather Pro

Bon à savoir

Quelques infos qu’on aurait aimé connaître avant de partir :

  • En hiver, les réceptions d’hôtels sont souvent fermées : à l’arrivée, téléphonez au numéro affiché à l’entrée, et quelqu’un viendra vous apporter les clés.
  • En Norvège, les aires d’arrêt ne sont pas toujours indiquées : ne roulez pas trop vite si vous voulez vous arrêter.
  • Dans le nord, vous pouvez faire des kilomètres avant de trouver une station-service : faites le plein dès que possible.
  • Attention aux animaux, surtout en Finlande : les rennes sont souvent au bord des routes.
  • L’alcool ne se vend pas en supermarché (vous y trouverez seulement de la bière). Il faut parfois faire 100 km pour rejoindre un magasin spécialisé.

Et après ?

Ce voyage fut unique, et sans conteste le premier d’une longue série. On l’a préparé un peu en dernière minute, mais on a réussi à tout boucler à temps et sans trop de stress. Côté aurores, on n’a pas eu énormément de chance avec une météo capricieuse, mais on en a vu : l’objectif était atteint, et on garde un souvenir ému de chaque jour de ce séjour exceptionnel.

Et surtout, on a attrapé le virus. Pendant nos longues attentes en voiture, on parlait déjà d’un retour en Norvège pour en voir plus. On l’a fait : à peine deux mois plus tard, le 26 février, on repartait pour un road trip du côté de Tromsø, puis en Laponie finlandaise.

Pour découvrir ce road trip à travers les îles arctiques, c’est par ici.

Céline Simon

Céline Simon

Céline Simon est à l'origine de je-papote.com, blog voyage et gastronomie actif depuis 2009. Elle partage ici ses aventures autour du monde avec une obsession : manger local, explorer autrement et sortir des sentiers battus. Expatriée en Laponie finlandaise, originaire de l'île Maurice, elle écrit sur ces destinations en insider, pas en touriste. Elle contribue aussi à des guides de voyage pour de grandes maisons d'édition françaises. Longtemps un blog de voyages en couple, je-papote évolue aujourd'hui avec l'arrivée d'une petite globe-trotteuse en herbe dans l'équipe ! Elle co-dirige par ailleurs Aventures Boréales, une agence pour vivre la vraie Laponie loin du tourisme de masse.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.